
Le Phoenix de Sherbrooke avait fait tout ce qu’il fallait pour amorcer cette série.
Deux victoires sur la route. Le plein contrôle. Un gardien en feu.
Mais les séries éliminatoires suivent rarement une ligne droite.
De retour à domicile, avec l’occasion de prendre une avance convaincante de 3-0, Sherbrooke s’est plutôt retrouvé entraîné dans un match chaotique et chargé d’émotions — un duel qui lui a finalement échappé dans un revers de 2-1 face aux Cataractes de Shawinigan. Lors du match 4, Shawinigan a remis les pendules à l’heure en créant l’égalité dans la série grâce à une victoire dramatique en double prolongation.
Une série qui se joue sur des détails
Par moments, on a encore l’impression que la série appartient à Sherbrooke.
Kyan Labbé continue d’effacer les erreurs, poursuivant sur sa lancée des deux premiers matchs, où il n’avait accordé que deux buts. Et même dans la défaite, il a été spectaculaire — repoussant 55 des 60 tirs dirigés vers lui lors du match 4, une performance qui a donné toutes les chances aux siens de fermer les livres.
À l’autre bout de la patinoire, Mathys Fernandez lui rend la pareille, confirmant ce que cette série démontre depuis le début : aucune des deux équipes ne donne quoi que ce soit.
Même lorsque Sherbrooke prend les devants, rien ne semble acquis.
Et lorsque le match bascule dans le chaos — décisions contestées, échauffourées, élans de momentum — ça n’ouvre pas la série.
Ça la resserre encore davantage.
L’entraîneur-chef de Sherbrooke, Gilles Bouchard, a reconnu à quel point tout peut basculer rapidement à ce moment de l’année :
« On avait le momentum tôt en deuxième période. Ensuite, beaucoup de choses sont arrivées… mais ça, c’est les séries. Il y a de l’émotion, et tout peut arriver. »
Cette imprévisibilité est devenue le fil conducteur de l’affrontement.
La différence : s’adapter
Au final, ce troisième match n’a pas changé l’identité de la série — il l’a confirmée.
Des marges minces. Une intensité élevée. Aucune place à l’erreur.
Pour l’entraîneur des Cataractes, Daniel Renaud, l’ajustement était clair, même s’il est difficile à exécuter face à un gardien comme Labbé :
« Si on veut générer de l’offensive, surtout avec Labbé comme il joue en ce moment, il faut payer le prix — aller au filet et créer des deuxièmes chances. »
« En ce moment, tout ce qu’il voit, il l’arrête. Donc notre travail, c’est de lui enlever la vue et de gagner ces batailles-là. »
Cette approche a fini par porter ses fruits — non pas à la suite d’un jeu parfait, mais grâce à la persévérance. Une rondelle libre. Du trafic. Un moment saisi.
Exactement le type de but vers lequel cette série semblait se diriger.
Un moment — et un message
Et personne n’incarne mieux cette réalité que le jeune attaquant recrue Olivier Charron.
Après avoir inscrit le but gagnant du match 3, Charron a encore élevé son niveau de jeu lors du match 4 — créant l’égalité tard en troisième période pour forcer la prolongation, avant de préparer le but vainqueur en double prolongation.
Saisir le moment, tout simplement.
« Honnêtement, c’est incroyable. Je ne peux pas vraiment expliquer ce qui m’est passé par la tête. J’étais juste vraiment content de marquer ce but-là. On travaille tellement fort toute la saison pour vivre des moments comme ça, être capable de livrer quand ça compte. »
Ce n’était pas seulement une performance marquante. C’était une déclaration.
Une série à la hauteur
On s’attendait à l’un des duels les plus serrés du premier tour.
Après quatre matchs, la série est exactement à la hauteur — non pas dominée, mais tendue. Rythmée par les élans. Décidée par des moments qui peuvent basculer d’un côté comme de l’autre.
La série retourne maintenant à Shawinigan vendredi soir, où les Cataractes récupèrent l’avantage de la glace — du moins, en théorie. Parce que jusqu’ici, ça n’a rien voulu dire. En quatre matchs, l’équipe locale n’a toujours pas gagné. Et si cette tendance se maintient, alors une seule chose est certaine :
Rien n’est réglé dans cette série.