
Le portrait des séries de la LHJMQ est maintenant complet, et le chemin vers le trophée Gilles-Courteau est officiellement tracé.
Au sommet, deux équipes se sont nettement détachées : les Wildcats de Moncton et les Saguenéens de Chicoutimi. Avec le tableau désormais fixé, les deux formations se retrouvent dans des moitiés opposées — les plaçant sur une trajectoire potentielle vers une finale attendue.
Voici à quoi pourrait ressembler le parcours de chacune en vue de ce duel éventuel.
Wildcats de Moncton (1)
Terminer au premier rang du classement général n’a pas été de tout repos pour Moncton, mais une fois en santé, l’équipe avait tout d’une formation championne — et en tant que champions en titre, les Wildcats ont déjà prouvé qu’ils savent composer avec la pression d’être l’équipe à battre.
Après avoir amorcé la saison avec une fiche de 7-4-2 sans leur capitaine Caleb Desnoyers, les Wildcats ont complètement changé de rythme, présentant un impressionnant dossier de 43-6-2 par la suite avec leur leader de retour dans l’alignement.
La course au premier rang s’est jouée jusqu’à la toute fin, Moncton devançant Chicoutimi par un seul point (104 contre 103) afin de s’assurer de l’avantage de la glace pour l’ensemble des séries.
Premier tour : duel du Nouveau-Brunswick
Moncton hérite d’un adversaire bien connu en première ronde : les Sea Dogs de Saint John — et les chiffres dressent un portrait à sens unique.
Les Wildcats ont dominé la série de saison régulière 7-1, et l’écart entre les deux équipes se reflète dans pratiquement toutes les catégories importantes. Moncton a terminé au deuxième rang du circuit pour les buts marqués (302) et les buts accordés (164), tout en affichant un différentiel de +138, également bon pour le deuxième rang. Les unités spéciales ont été tout aussi efficaces, avec une deuxième place à l’avantage numérique (31.8%) et en désavantage numérique (82,4 %).
De leur côté, les Sea Dogs se situent plus loin dans le peloton — neuvièmes pour les buts marqués (216), 16es pour les buts accordés (265) et 15es au différentiel (-49). Leur avantage numérique (22,7 %) et leur désavantage numérique (78,2 %) ont été respectables, mais insuffisants pour combler l’écart.
Ajoutez à cela des déplacements limités dans les Maritimes, et tout indique que ce duel penche nettement en faveur de Moncton à l’aube du premier tour.
Le chemin à venir
Les séries 2026 de la LHJMQ introduisent un changement structurel important qui redéfinit le parcours vers la finale.
Pour la première fois, des affrontements interconférences auront lieu dès le deuxième tour, avec un reclassement des équipes basé strictement sur le classement général de la saison régulière. Par le passé, la ligue conservait son format par conférences jusqu’aux demi-finales, avant de reclasser les quatre dernières équipes de un à quatre. Ce modèle demeure en vigueur pour le troisième tour, où les formations encore en lice seront à nouveau classées selon leur rendement en saison.
Si les favoris l’emportent au premier tour, Moncton devrait conserver une position avantageuse en affrontant l’une des équipes les moins bien classées encore en vie. Un duel de deuxième ronde face au Cap-Breton est très plausible — une formation que les Wildcats ont dominée avec une fiche de 7-1 cette saison, même si la moitié de ces matchs ont nécessité la prolongation, Moncton trouvant toujours une façon de l’emporter.
Terminer au premier rang pourrait véritablement rapporter en demi-finale. Avec le reclassement, les Wildcats affronteraient l’équipe la moins bien classée parmi les quatre restantes, évitant potentiellement un affrontement plus corsé. Pendant ce temps, le parcours de Chicoutimi pourrait s’annoncer plus ardu, avec un possible duel face à une équipe comme Blainville-Boisbriand — considérée comme une aspirante sérieuse en début de saison.
Saguenéens de Chicoutimi (2)
Des joueurs comme Maxim Massé, qui évolue avec les Saguenéens de Chicoutimi depuis sa saison recrue en 2022-2023, soulignent le spectaculaire revirement de situation de l’équipe cette année après plusieurs saisons plus difficiles. L’attente a été longue pour les « Bleus », et voilà que l’organisation ainsi que ses partisans passionnés peuvent enfin rêver de mettre fin à une disette de 32 ans sans championnat.
Cette confiance ne se limite pas au vestiaire — elle se reflète également derrière le banc. L’entraîneur-chef Yanick Jean reconnaît l’engouement grandissant autour de son équipe, tout en précisant d’où provient réellement la pression.
« On sent l’engouement et les attentes autour de l’équipe ici au Saguenay. Les partisans avaient ciblé 2026 depuis un bon moment, a-t-il expliqué. Mais la pression, on se la met nous-mêmes — on veut gagner. »
Même si l’équipe n’a pas été en mesure de terminer au premier rang du classement général, quelle saison remarquable pour les Sags. Ils ont dominé la ligue dans plusieurs catégories importantes, notamment pour les buts marqués (316), les buts accordés (148), le différentiel (+168), l’avantage numérique (33,2 %) et le désavantage numérique (87,4 %). Déjà perçus comme de sérieux prétendants à mi-saison, les Saguenéens ont enfoncé le clou en renforçant leur formation à toutes les positions, démontrant clairement leurs intentions. Des acquisitions majeures comme Jordan Tourigny, Liam Lefebvre et Lucas Beckman se sont parfaitement intégrées, transformant Chicoutimi en une équipe extrêmement difficile à affronter.
Cette exigence interne se reflète également dans le niveau de confiance du groupe.
« Les joueurs croient en cette équipe, a ajouté Jean. Notre fiche contre les bonnes équipes et la manière dont on a joué dans ces matchs nous donnent confiance. Les gars savent faire la différence et quand élever leur jeu d’un cran. »
Au premier tour, Chicoutimi affrontera les Mooseheads d’Halifax, une série qui nécessitera au moins un déplacement dans les Maritimes. Les Sags ont remporté les deux affrontements de saison régulière entre les deux équipes, dont une victoire dominante de 9–3 en début de saison et un gain de 5–4 en prolongation en janvier.
Sur papier, les statistiques des Mooseheads ne sont pas à leur avantage. Ils ont terminé au 10e rang pour les buts marqués (209), au 14e rang pour les buts accordés (246) et au 14e rang pour le différentiel (-37), tout en se classant 10e en avantage numérique (21,6 %) et 13e en désavantage numérique (77,2 %). Pour une équipe qui a éprouvé des difficultés défensives toute la saison et qui a peiné à écouler les pénalités, affronter la meilleure offensive du circuit et le jeu de puissance le plus efficace représente tout un défi — rendant un renversement de situation difficile à envisager dans cette série.
En terminant au deuxième rang du classement général, Chicoutimi pourrait toutefois être confronté à un test de taille dès le deuxième tour, vraisemblablement face au gagnant de ce qui s’annonce comme l’affrontement le plus relevé du premier tour : les Cataractes de Shawinigan contre le Phoenix de Sherbrooke. Sherbrooke, en particulier, aborde les séries avec beaucoup de momentum et a vaincu les Sags à deux reprises lors des dernières semaines de la saison régulière.
Chicoutimi a eu l’avantage dans la série de saison contre Shawinigan avec un dossier de 3–1, tandis que leurs affrontements face à Sherbrooke se sont soldés par une égalité. Le Phoenix a toutefois légèrement dominé les Saguenéens 14–12 au chapitre des buts lors de ces quatre matchs, ce qui illustre à quel point cet affrontement pourrait être serré. Les deux adversaires potentiels peuvent également compter sur un gardien de grande qualité — souvent un facteur déterminant lors de longues parcours éliminatoires — mais contenir la meilleure attaque du circuit représentera tout un défi.
La question est désormais de savoir si le fait d’affronter une opposition de haut niveau dès le début permettra à Chicoutimi de s’aguerrir en vue d’un long parcours, ou si ses ambitions de championnat seront mises à rude épreuve beaucoup plus tôt que prévu.