2026 Moncton Wildcats vs Chicoutimi Sagueneens

Choc de titans : ce que Sags et Wildcats nous ont appris

Choc de titans : ce que Sags et Wildcats nous ont appris

Analyse du choc entre Chicoutimi et Moncton : trajectoires, stratégies et leçons d’un duel de titans en LHJMQ.

Jan 29, 2026 by Adrien Wilmot
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CHICOUTIMI — Le tableau indicateur affichait une victoire de 3-2 des Wildcats samedi soir, mais le véritable enseignement de ce deuxième duel en une semaine entre Chicoutimi et Moncton se trouve ailleurs. Dans la façon dont deux prétendants assumés avancent — différemment — vers le même objectif.

Avant même la mise au jeu, les Saguenéens parlaient de maturité, de constance et de capacité à gérer la pression. Les Wildcats, eux, voyaient cette rencontre comme un outil de développement. Après 60 minutes, ces deux lectures coexistent toujours — et se complètent.

Chicoutimi : une pression transformée en identité

À Chicoutimi, la pression ne se nie pas. Elle s’embrasse. Maxim Massé l’expliquait sans détour avant le match, évoquant un environnement exigeant mais mobilisateur.

« On voit ça comme un privilège. L’aréna est pleine chaque soir et on sent que tout le Saguenay est derrière nous », disait-il.

Cette mentalité s’inscrit dans une structure plus large : celle d’un groupe expérimenté, habitué aux attentes élevées. Même dans la défaite, Chicoutimi n’a jamais dévié de son identité, préférant s’appuyer sur ses fondations plutôt que de forcer le jeu.

Pour Yanick Jean, cette stabilité est le fruit d’une culture installée bien avant cette saison.

« La culture a été créée dans le passé et elle est saine aujourd’hui. À partir de là, c’est à nous de progresser comme équipe afin d’être prêts en séries », rappelait celui qui faisait partie de la dernière conquête au Saguenay, lors de la saison 1993-1994.

Moncton : apprendre à gagner imparfaitement

Du côté des Wildcats, l’approche est plus pragmatique. La saison régulière sert avant tout à préparer ce qui compte réellement. Gardiner MacDougall ne s’en cache pas.

“La saison régulière est le laboratoire qui nous permet d'être prêts une fois le temps des séries. On devient meilleurs en affrontant des adversaires meilleurs." 

Samedi, Moncton a précisément vécu ce type d’apprentissage : résister à une poussée tardive, accepter de ne pas être parfait et sortir avec la victoire. Une nuance importante pour une équipe jeune mais ambitieuse.

“On a appris des choses et on a trouvé un moyen de gagner”, ajoutait MacDougall, conscient de la valeur de ces scénarios serrés.

L’expérience comme point de convergence

Malgré leurs différences, les deux équipes se rejoignent sur un même fil conducteur : l’importance de l’expérience. À Chicoutimi, l’arrivée de Jordan Tourigny illustre cette volonté d’ajouter du vécu à un groupe déjà mature.

« J’ai vécu gagner, la coupe à mon année recrue, j’ai vécu perdre en première ronde les deux années suivantes puis perdre un 7e match en demi-finale l'an dernier. Tout ça, c’est de l’expérience que j’ai dans ma poche arrière », expliquait le défenseur.

À Moncton, ce rôle passe notamment par le capitaine Caleb Desnoyers, qui voit dans ce genre de victoire un gain mesuré, mais significatif.

« C’est une bonne dose de confiance pour l’équipe », confiait-il, sans surévaluer le résultat.

Deux chemins, un long printemps en ligne de mire

Si Chicoutimi mise sur la constance et une culture solidement établie, Moncton avance avec une approche plus expérimentale, utilisant chaque gros match comme un banc d’essai. Deux méthodes différentes, mais un même horizon.

Au final, ce duel n’a pas redessiné la hiérarchie de la LHJMQ. Il a plutôt confirmé que ces deux équipes savent exactement où elles s’en vont — et surtout, qu’elles se construisent dès maintenant pour le moment où les marges d’erreur disparaîtront.